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Habitudes de vie et hygiène au Poste de Santé

LES REPAS

 

Tous les midis et soirs, une femme fait à manger au Poste de Santé, pour nourrir les agents. De grands plats avec couvercle nous sont apportés. Nous nous installons par groupe de 3 à 6 autour, nous enlevons le couvercle et chacun, avec sa cuillère ou sa main, mange dans le plat.

Généralement, nous nous asseyons à terre, après avoir disposé un tissu faisant office de nappe.

Un jour, je rentre dans la salle de consultations sage-femme, et je vois Fatou la sage-femme et Ama la matrone en train de manger leur plat. Elles sont toutes les deux assises sur la table d’examen, le plat entre elles deux. Elles papotent, rigolent et mangent avec bonne humeur.

Je trouve ça étrange de manger dans la salle de consultations et qui plus est, SUR la table d’examen !

Mais finalement, une semaine plus tard, je mets mes attitudes précieuses de côté et je finis par faire comme elles. Je m’installe sur le lit en skaï, là où toutes les patientes ont posé leurs fesses, là où une désinfection n’a pas été faite depuis… … … bref, là où des microbes de toutes sortes doivent grouiller en pagaille…

On a pris la peine de disposer un torchon sous le plat, histoire que le plat, lui, ne soit pas à même la table d’examen, tout de même !

On déguste notre repas, c’est délicieux et on a faim. Mes collègues parlent entre elles, rigolent et de temps à autre, crachent une arête de poisson dans leur main gauche, et le jette au sol. Ben ouais, normal… par terre, en salle de consultations…

Une fois le repas terminé, nous rangeons tout et nous replions consciencieusement le petit torchon qui était sous le plat et sur la table d’examen, et nous le posons avec précaution près du lavabo. C’est donc ce petit torchon douteux que nous attraperons après s’être lavés les mains, pour se les essuyer ;o)

 

 

 LES ABLUTIONS

 

Dans ce pays où la majorité de la population est musulmane (90%), les hommes et les femmes font plusieurs prières par jour, et aussi des ablutions.

C’est le petit matin, il est 6h. Une  femme va bientôt accoucher. Elle est sur la table d’accouchement, et souffre en silence.

Je me penche sur son ventre pour écouter les bruits du coeur du bébé avec le stéthoscope de Pinard. « boudoum boudoum boudoum… ». C’est bon, tout va bien.

Je relève la tête et là, je vois la matrone, la jambe relevée et le pied dans l’évier de la salle d’accouchements, en train de se frotter les orteils et les talons, ou plutôt, de faire ses ablutions de l’aube !

Je n’en crois pas mes yeux, je retiens mon envie de rire, la scène est tellement invraisemblable…

Une fois la jambe droite sortie de l’évier, elle relève à nouveau son pagne, lance l’autre jambe et effectue la même opération avec son pied gauche. Ensuite, elle se mouille le visage et en profite pour cracher, puis s’éclipse de la pièce.

Et maintenant, voilà l’aide soignante qui exécute les mêmes gestes !

Pendant ce temps et à un mètre derrière, la patiente est toujours allongée sur la table , elle va bientôt accoucher.

Finalement, je remarque que cet évier sert à tout : se laver les mains, rincer les instruments après un accouchements, mais aussi, faire la vaisselle après les repas et… y tremper les pieds !!

 

 

COQUET !…

 

La plupart des femmes qui travaillent au Poste de Santé sont magnifiques quand elles arrivent le matin pour travailler : boubou coloré, bien ajusté, coiffure impeccable, bijoux multiples, maquillage…

Avant de se mettre au travail, il y a d’abord 1/2 heure, voire 1 heure où elles discutent, assises ou allongées sur les lits de la chambre de garde. Elles boivent un café, mangent du pain, des oeufs.

Ensuite seulement, elles mettent le haut d’une tenue de travail et gardent en bas leur pagne ou leur pantalon brillant, ainsi que leur belles chaussures qui font « clac clac » lorsqu’elles marchent.

Toute la journée, elle garde leur blouse, aussi bien pour soigner une plaie, que pour porter un enfant, prendre une tension, ou bien manger, aller à la boutique en face du Poste de Santé ou à l’autre bout du village.

Bien entendu, je me suis mise au parfum, en mettant  une fois de plus, mes états d’âme de côté… juste pour un mois, avant de retrouver la stricte (et excessive) hygiène du milieu hospitalier français…

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